mardi 11 février 2014

Contre la surdité et actualité du scientisme et du positivisme




Scientisme et positivisme.
Le scientisme est l’idée selon laquelle la politique doit être réglé par la science, or c’est bien de cette question qu’il s’agit puisque sous couvert de dénoncé l’obscurantisme antiscience, on y amalgame aussi bien les critiques politique que les critiques du savoir scientifiques par des non-scientifiques.
De même le positivisme, consiste a croire que le « progrès » consiste dans l’addition de savoir (et ou de techniques, selon ce qu’on entends par science) les uns après les autres, de manière linéaire, comme si en enfilant n’importe qu’elle perles les unes derrières les autres, on obtiendrai le plus beau collier. C’est totalement rétrograde, et l’on aurait pu croire cette vision déchut depuis l’acceptation dans la théorie de l’évolution de l’image d’un buisson rond sans racine aux embranchement multiples. Forcé de constater qu’il n’en est rien.


En réponse à « Contre la peur », petit texte de Dominique Lecourt1.
Si l’on écarte les propos facilement retournable sur la politique n’utilisant que la peur2, le primat de la connaissance sur l’action3, ou le recyclage de l’opposition classique nature/technique4, le propos de Dominique Lecourt vise essentiellement a relativisé les questions et le savoir populaire sur la politique et l’éthique pour les enfermer en les amalgamant sous le sentiment de la « peur », peur qui elle même n’est que peu raisonnable, puisqu’il s’agirait essentiellement de trouver un objet a l’angoisse, qui par « nature » n’en a pas.

Dans ce monde imaginaire, les militants ne font que développer une « expertise ignorante », quand il ne sont pas « violent » (contre les nanotechnologies5). Ici Lecourt pratique l’amalgame entre la science, la politique et la morale. La science, ne dit pas, et n’a pas a dire ce qui doit être dans la société. Elle fournie une description et des moyens. C’est a la politique de trancher sur ce qui est bon ou mauvais, la science se contente de s’accorder sur la vérité.
La science n’est pas une opinion parmi d’autres. La science, n’est tout simplement pas une opinion. Ce sont des propositions validées pour leur véracité, pas pour leur bien, ou la justice. L’opinion c’est a la population de la donner sur ce qu’elle pense bon ou mauvais. Sur cette question les experts n’ont rien a dire.
Le problème c’est que ne sont retenus comme argument politique, que les discours des experts. Ainsi, il y a interdiction ou moratoire, que pour des raisons sanitaires appuyé sur publication. Enfin en théorie, car en pratique, une interdiction du Redbull pour sa Taurine peut-être annulée, non pas pour des raisons scientifique qui prouverai que c’est bon, ou sans effet négatif sur la santé, mais parce que l’interdiction coûte trop chers dans le cadre d’une « concurrence libre et non faussée » qui fait payer un choix politique qui ne lui convient pas.
Ainsi, les OGM, pourrait très bien être refusés pour des raisons politiques d’opposition au brevet sur le vivant. D’autant plus qu’il est évident que l’on ne peux pas demander a l’ensemble de la population de connaître toute la littérature scientifique sur les OGM.
Mais l’essentiel du propos serait surtout de rappeler que si la science produit un savoir particulier, qui ne peut pas être ignoré, sur ce que les choses sont, la population en produit un autre sur quels choses seront acceptés ou refusée dans la société. Chacune est légitime dans son domaine.

Au sujet de « L’avenir de l’anti-science », texte de Alexandre Moatti6.
Le texte de Moatti, peut-être par sa longueur, est plus fin que celui de Lecourt, surtout il propose une description historique ou des observations de mouvement idéologiques, cependant la critique normative (qui prétend donc a l’actualité) en transpire clairement7.
Par exemple Rousseau est cité comme un critique de la science ou de ses applications, alors qu’il s’agit de critiquer le pouvoir de la science sur les questions morales et pas sur son propre champs8. Ce déplacement permet de nier, toute remise en cause politiques de certaines techniques ou programme de recherche, vous ne faîte pas là une réflexion politique, mais de « l’anti-science ». Ingénieux.
Moatti nous ressert la critique d’une science citoyenne qui s’incrusterai dans le CNRS, très bien, dans la même veine, pourquoi ne pas critiquer le budget de l’État et des Industriels ? En quoi l’influence des uns serait un problème et celle des autres une nécessité ?
Si jamais vous vous aventurez a dire que vous n’êtes pas contre le principe de la science, mais contre le brevet, ou que vous voudriez que la science vous aide a mettre au point des techniques et savoirs que vous pourrez produire et reproduire vous même, avec les matériaux locaux, renouvelables, vous êtes dans l’anti-science (avec les religieux, les obscurantistes, les dogmatiques), ou dans la peur (avec les réactionnaires et les irrationnels). Au choix.

L’avenir pourrait pourtant être compris avec l’idée que la science ne se résume pas forcément à la connaissance du trafic routier, mais qu’elle pourrait aussi bien donner a connaître pour ceux qui n’ont pas la voiture. Il ne s’agit nullement de promouvoir a nouveau le lyssenkisme et sa science prolétarienne. Il ne s’agit pas de dire du trafic routier, comme Lyssenko disait de la génétique qu’elle est fausse. Pas du tout. Mais qu’inévitablement et bien heureusement pour le pragmatisme, que la science sert, reste a voir et définir, qui elle doit et comment elle peu servir a l’émancipation.



Florian OLIVIER, 10 Février 2014
1http://iphilo.fr/2014/02/08/contre-la-peur
2La classe politique, utilise bien sur la peur, mais pas seulement, elle fait aussi miroité des promesses, de l’avenir. Du progrès. Il suffit malheureusement d’entendre les multiples prétentions sur la baisse du chômage, ou le temps des cerises qui se rapproche soudainement à la seule décision sur la classe dirigeante que la France a bien voulu laisser a sa population, les élections.
3Loin de l’affirmation selon laquelle la connaissance prime sur l’action, Canguilhem (que Lecourt n’ignore pourtant pas) indiquait que la science naissait de l’action, d’une action qui cherche sa réussite, la où la première fois elle avait échouée.
4Alors qu’aujourd’hui précisément on nous vent a renfort publicitaire une alliance « technique/nature » avec éolienne industrielle, panneau photovoltaïque, géo-ingénierie contre le changement climatique, et technique imitant ou s’inspirant de procédé observé « dans la nature » pour les reproduire avec des nanos. Cette opposition est un artefact intellectuel du a la culture occidentale, que Descola a proposé de qualifié de « naturaliste ». La nature est une production conceptuelle de notre culture. Ou pour le dire avec une perspective darwinienne, comme probablement l’ensemble des mammifères qui nous ressemble, nous sommes susceptible de mettre au point une culture.
5A ce petit jeu, il faudrait indiquer l’article de Bernadette Bensaude Vincent qui indiquait que ces « débat » était clairement technocratique, organisé selon les industriels locaux, sans soucis des questions que pouvaise se poser les personnes localement, et que par ailleurs, il se faisait alors que toutes les décisions avait déjà été prise de production, et que les budgets des nombreuses entreprises était validé. Mais qu’est ce que la violence ? Refuser un faux-débat, ou mentir a la population en lui faisant croire qu’elle est souveraine alors que tout a déjà été décider ?
6http://www.institutdiderot.fr/?p=4978
7Sans parler des étiquettes comme « néo-anarchiste » dont en France, seul Onfray prétend parler, et alors que celui-ci s’est toujours affirmé prométhéen. Il s’agit malheureusement d’une méconnaissance du mouvement anarchiste réel. Je suis prêt cependant a toute citation d’une motion de la Fédération Anarchiste, ou de la Coordination des Groupes Anarchistes qui critiquerai la science. Et pour cause : il n’y en a pas. En général ces idées sont qualifiée : d’anti-industrielle en référence surtout aux éditions de l’EdN. Et leur diversité est loin d’être résumable a un « néo-anarchisme ». Ainsi on trouve une critique culturelle, voire religieuse, de « La technique » chez Ellul, Illich et Dupuy. Une critique néo-luddite, chez PMO et plus ou moins dans N&MC. Quand au groupe Oblomoff, si l’on lit bien son livre, le critère mis en avant et « le sens commun », comme Orwell. Enfin pour faire un panorama bref, un dernier courant pourrait être qualifié de primitiviste, il est complètement mineur et totalement rejeté en France (et pour de bonne raisons !). L’extrême droite elle à trouvé son terrain en détournant le mouvement culturel du « survivalisme » vers elle (surtout en Italie), comme elle a su le faire avec le conspirationnisme.
8Il le rappelle pourtant clairement dans l’intitulé de l’Académie de Dijon : « Sur cette Question proposée […] : Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les mœurs. ». Ceux qui voudront s’en persuader peuvent toujours lire l’excellent texte de Rousseau.

2 commentaires:

AlexM a dit…

Je ne me considère pas comme 'scientiste'. Même si j'ai pu parler de 'scientisme faible' dans la conclusion de mon ouvrage 'Alterscience' (2013), j'ai depuis approfondi largement 'l'hypertrophie scientiste' (ex. LaRouche) que j'ai décrite comme une radicalité dans le texte auquel vous faites allusion.

Sur l'appellation 'néoanarchiste', je prends bonne note de votre note 7 : il y a une difficulté à nommer ces tendances (car il faut bien qualifier pour décrire), j'ai repris des appellations données par d'autres auteurs. En tout état de cause, tous ceux que vous citez dans votre NbdP7 (PMO, EdN, Oblomoff, M&MC) et que j'étudie partagent à peu de choses près le même discours.

Alexandre Moa.

Automne Vivace a dit…

Il est certains que pour moi, votre scientisme "faible" n'est pas comme LaRouche est les autres que vous décrivez dans votre livre, qui pour moi ce rapproche plutôt d'une sorte de renouveau du positivisme.

De mon côté, que la science, permettent une évolution sur les questions de santé et même de connaissance de nos mécanismes moraux, je n'en doute pas. Mais ce n'est pas a la science de dire ce qu'on doit faire, elle ne peut que dire ce qui a fonctionné.